22 août 2008

Darjeeling

Le temps passe a toute vitesse et nous avons deja planifie les 10 jours qui nous restent a Kalimpong pour etre sures de pouvoir faire tout ce que nous voulons !

Nous sommes parties mercredi dernier a Darjeeling en fin de matinee : le jeudi est notre jour de repos, notre seule matinee de libre. Nous avons visite une plantation de the l apres-midi avec agreable conversation avec une ancienne cueilleuse reconvertie dans la presentation des differentes qualites de Darjeeling tea : elle invite les touristes a entrer chez elle pour une petite seance degustation, pour un prix derisoire. La visite de l usine etait rapide mais interessante, et la balade dans les tea gardens magnifique, un peu irreelle car toujours dans la brume... Le soir nous avons recroise un australien qui avait passe une nuit dans notre hotel de Kalimpong, puis deguste pour la premiere fois de la cuisine du Sud de l Inde : delicieuses dosa au paneer, crepes au "cottage cheese"indien. Nous avons aussi goute du vrai fromage solide, tres rare en Inde et specialite de la region. Un delice ! car cela nous manque bien sur : ) ainsi que la viande et le chocolat. Le lendemain nous nous sommes levees encore plus tot que d habitude, a 4h, pour aller voir un point de vue. Comme nous le craignions il y avait trop de brume mais cela nous a permis de faire une magnifique balade depuis le village de Ghoom jusqu a Darjeeling, vues magnifiques dans les trous de la brume et surtout plusieurs monasteres bouddhistes dont la visite nous a marquees. Il etait encore tres tot, nous arrivions soit a l heure du petit dej et trouvions les moines en train de preparer les petits pains qu ils allaient manger, soit a l heure de la priere, chants psalmodies, de temps en temps vacarme d instruments bizarres et sonores, le tout dans des salles de priere tres ornees, aux teintes rouges ocres or, surchargees d offrandes en tout genre et de statues en beurre peintes, fabriquees par les moines dans un materiau volontairement ephemere (humilite). Beaucoup de tout petits moines de 8-10 ans, intimides ou curieux, pas toujours tres concentres ; d autres d une trentaine d annees, absorbes, au visage impressionnant. Nous avons passe l apres midi a nous promener dans les rues notamment pour effectuer les demarches necessaires pour obtenir un permis pour le Sikkim ( meme si finalement nous naurons sans doute pas le temps de nous y rendre) ; c est a ce moment que nous avons rencontre Jagat, un guide tres sympathique qui ne reclamait pas d argent et nous a conduit dans les ruelles de la ville toute l apres midi en nous parlant de l histoire de la ville et de sa propre vie. Son grand pere etait moine, il devrait donc etre "lama"mais apparemment son pere a eu des problemes d argent qui ne lui ont pas permis d etre forme dans un monastere. Il nous a emmenees jusqu a un temple bouddhiste dans la ville ; en sortant de la salle de priere, nous avons ete invitees a prendre part a un repas donne dans la cour du temple en l honneur d un homme mort deux semaines plus tot : un veritable banquet nous attendait, delicieux et servi par des dames tres empresssees et serviables. Nous avons du ecourter un peu car la derniere jeep pour Kalimpong etait en debut d aprem. Le voyage de retour a ete moins pittoresque qu a l aller, ou nous etions entasses a 16 dans une grosse jeep, moi a lavant avec 2 autres passagers + le chauffeur qui allongeait le bras par dessus sa voisine pour atteindre le levier de vitesses ! Nous etions donc bien serres, tant mieux ca aide a garder l equilibre quand il n y a pas de ceinture et que la route est telle que nous l avons eue ! Des pentes a 30% au moins en montee sur plusieurs kilometres et avec epingles a cheveux, descentes en roue libre ou au point mort (pour economiser l essence tres chere) au ras de precipices a donner le frisson, sans rembardes bien sur... l absence de brume nous faisait mieux voir les dangers de la route (d ou quelques sueurs froides, calmees en voyant l apathie blasee des autres passagers et du chauffeur qui conduit d une main en jouant avec son telephone !) mais nous a permis d admirer des vues splendides, d immenses vallees entourees de montagnes tres vertes, couvertes d une vegetation tropicale et de forets anciennes, moussues et brumeuses... Le voyage de retour, de nuit, sous la pluie et dans le brouillard, dans un minibus beaucoup moins puissant (mais seulement 4 passagers) aurait eu de quoi nous inquieter mais nous etions epuisees et de toute facon nous ne voyions rien...nous sommes arrivees a bon port et meme bien plus rapidement qu a l aller. Il n y a qu une petite cinquantaine de km mais je pense que nous faisions des pointes a 25km (le compteur de vitesse etait casse bien sur) ce qui explique que le trajet dure 3 bonnes heures.

11 août 2008

seance de cinema a kalimpong

Comme la plupart des apres midi, il pleut. Nous decidons d aller voir LE film a l affiche aujourd hui, intitule "Jaane Tu". En hindi sans sous titres... mais comme nous le pensions cela ne nous a pas vraiment genees !
LE cinema de Kalimpong est plutot delabre et vetuste. Il y a trois classes de billets, un peu comme le train. Sur les conseils du gardien, nous optons pour trois upper class, c est a dire que nous sommes a la tribune ; effectivement les trois quarts des gens y sont aussi. Beaucoup de jeunes et d ecoliers en uniformes.
Le film ? Pas vraiment un bollywood car trop ccidentalise, mais quand meme tres nouveau et marrant pour nous ! L histoire d amour bien sur est tres facile a suivre et en plus les phrases cles sont en anglais : I love her _ I don t Know if it s you... _ You broke up with him?! _ Yes i love you toooooo !!
La musique est trop bien et il y a des scenes de danse tres sympas aussi ; l ensemble est completemet dejante et on s est bien amusees, comme le reste de la salle qui ajoute a l occasion commentaires et sifflets.

Voila voila, desolee je nai pas beaucoup de temps car je tente de tele charger des photos mais c est assez complique et c est deja l heure de l adoration : )

A bientot !

Au quotidien kalimpongais - 2

Vient en second lieu de nos preoccupations, immediatement apres le temps... LA NOURRITURE! Et on ne rigole pas, c'est une question de premier ordre :)

He oui, il faut savoir que , sitot levees, jusau'a la fin du service - qui signe le coup d'envoi pour trouver le resto du dejeuner - , nous n'avons d'autre pause que celle du petit dejeuner, apres la messe de 6h, jusqu'a 7h30 a peu pres, et du sacro-saint chai entre 10 et 11h - l'heure exacte est soumise a des fluctuations independantes de notre volonte... et je peux vous dire que lorsque la pause se fait attendre, il y en a toujours une de nous trois qui finit par craquer et dire "bon on y va, elles nous ont oubliees la, c'est pas possible!" xD. Et compte tenu de la haute teneur en depense physique qu'occasionne le service, nous pretons toutes trois la plus grande attention aux qualites gastronomiques ET roboratives (de robor, oris, chene, signifiant par extension 'solide' - notez l'emploi du haut vocabulaire khagnal, meme dans les conditions les plus prosaiques :D) de la nourriture que nous ingurgitons... Ce qui nous a conduites a faire plusieurs experiences hautes en couleur, dont nous vous livrons la substantifique moelle de ce pas :D

tout d'abord, curry designe en fait tout plat quelque peu epice, pas forcement avec la sauce jaune qu'on visualise automatiquement en France; cela peut etre n'importe quelle preparation en sauce a base d'epices, et c'est souvent moins epice que la nourriture habituelle des Indiens, selon la volonte des restos d'epargner misericordieusement les touristes ignorants! Si vous voulez de la nourriture "authentiquement epicee", mieux vaut chercher du cote des plats masala ('epice' - avec l'acent aigu sur le dernier 'e' que je peux pas mettre pour cause de *** de clavier qwerty - en hindi), mais la, il vous faudra avoir la bouche solide - nous avons teste, et vous recommandons cela seulement si vous voulez cracher du feu dans les 5 secondes suivantes, ou si vous avez deja l'habitude de ce genre de cuisine... En revanche, le chai masala (the aux epices, chai signifiant tout betement 'the' et non 'the epice' comme nous le croyions) est delicieux et ne vous transforme pas en colonne de fumee ambulante :)

Ensuite, pour les specialites du pays, nous avons teste le dhal, sorte de soupe aux lentilles, dont la qualite varie enormement selon les restos, et qui est souvent assez epice pour titiller un peu le palais, mais pas trop (sauf pour moi qui n'ai pas encore reussi a en finir un seul bol...) et dont le gout est pas mal.
Viennent ensuite les dosa et uttapam, l'une etant une crepe fine a base de lentilles, tres bonne, et l'autre une crepe plus epaisse a base de... je sais plus quoi, mais delicieuse aussi. Les deux sont des specialites de l'inde du Sud, mais on a pu en gouter a Kalimpong et Darjeeling - pas a Delhi cependant.
A Kalimpong, nous avons aussi fait connaissance avec le paneer, le fromage indien; il n'a pas beaucoup de gout si bien que les Indiens l'accommodent a toutes les sauces, et c'est souvent tres bon - on vous recommande tout particulierement le paneer tikka du Tandoori Express (Giri Road, Kalimpong, a deux pas de Chowk Bazaar) qui est a se pourlecher les babines xD
Il serait beaucoup trop long de vous decrire tous les accommodements de viande et de legumes... il y en a autant qu'il y a de chai masala differents - autant que de cyclo-pousse au Rajasthan, dit le Lonely Planet, et que de rickshaw a Delhi disons-nous... Sachez simplement qu'il y a deux grande categories : steamed ( cuit a la vapeur) et fried (frit), et que nous preferons la premiere, qui a l'immense merite d'etre moins grasse et ecoeurante a la longue; cependant elle donne plus de gout aux pates.

Et reste a evoquer les momos qui ont fait l'unanimite! je vous en parlerai la prochaine fois...manque de temps

Les seul bemols, c'est que les Indiens font toute leur cuisine ou presque a l'huile, ce qui fait le malheur d'anne-catherine, et que les accompagnements de viandes ou de legumes se reduisent invariablement a du riz ou des nouilles chinoises - sauf si vous prenez carrement un hamburger et des frites, ce que les Indiens appellent de la "continental food". Ceux du Pizza Pan de Kalimpong sont succulents par ailleurs... :P (oui, on a succombe!). Et mon malheur a moi, c'est que les Indiens ne connaissent pas le dessert; pour eux un repas, c'est un plat principal, point-barre. Heureusement, Kalimpong possede une petite chaine de patisseries qui fait notre bonheur absolu xD Entre les chocolate doughnuts et les chocolate croissants a 12 roupies, les jam rolls, les coconuts cookies, queen cakes et autres tous a 8 ou 10 roupies, il ne nous reste que l'embarras du choix, sachant qu'un euro vaut 60 roupies... *miom-miom*

voila, pour notre apercu personnel de la gastronomie indienne! n'oubliez pas cependant qu'il faut y aller mollo les premiers jours puisque nous ne sommes pas du tout habitues a cette nourriture, autrement la turista viendra aboyer a vos portes...

8 août 2008

Au quotidien kalimpongais - 1

Un petit apercu de nos pensees quotidiennes maintenant :) La premiere chose a laquelle on pense en se levant le matin, c'est le TEMPS! Car il ne faut pas oublier au'en Inde c'est la mousson! Elle n'est pas tres marquee a Kalimpong dans la mesure ou il n'y a pas de pluies diluviennes en permanence comme dans le Sud, mais il y a deux ou trois jours, on s'est pris une sacree saucee dont nos chaussures n'ont pas encore recupere... elles sont toujours en train de degorger sous le porche de la chambre et on s'est resignees a ne plus se balader qu'en tongs malgre les moustiques qui se regalent sur nos pieds... Sitot un oeil ouvert, on tend donc l'oreille pour savoir si on pourra marcher tranquillement dans les ruelles, ou si on devra transformer nos pantalons en shorts, nos pulls en tee-shirts, se calfeutrer sous nos ponchos et jouer aux equilibristes pour esperer ne pas se casser la figure dans les marches pentues, glissantes et moussues des 3-4 escaliers qu'on devale chaque matin :D

Edit : j'avais oublie de preciser : pas de pluie diluvienne a longueur de journee non, mais il pleut tout de meme en moyenne 1 jour sur 2... et environ une fois par semaine on se paye une grosse saucee qui dure toute la journee ou presque. Enfin, on vous rassure :D pour l'instant il n'y en a eu qu'une seule vraiment enorme... on prie notre bonne etoile pour que ca en reste la xD

De plus selon qu'il pleut ou non, on ne fait pas les memes choses a Nirmala Hriday (c'est le nom de la maison des soeurs, en hindi "la maison au coeur pur", le meme nom que celui que Mere Teresa avait donne au mouroir de Calcutta). Quand il pleut, on ne fait que ce que Marie vous a decrit plus haut, habiller laver nourrir les enfants, faire la lessive, distribuer la nourriture, faire les lits, et coudre (derniere occupation dans laquelle soit dit en passant je suis LAMENTABLE. Mais je m'ameliore. Sisi :) ). Ce qui est deja pas mal! Mais quand il fait beau, alors la *houlouloulou* on vous raconte pas... enfin si, sinon ou serait le plaisir? :P en fait la soeur superieure choisit une piece de la maison qu'on doit recurer entierement du sol au plafond - et aund je dis du sol au plafond c'est pas de la blague, j'ai passe une bonne vingtaine de mn a m'escrimer avec une gerbe de paille (ou de feuilles, je sais pas tellement en fait) pour enlever tous les cadavres d'insectes qui s'etaient scotches au plafond en voulant atteindre la lumiere. Et on ne rigole pas, c'est toute une strategie pour les decoller tous sans les recevoir sur la tete! Et on lave le sol et les murs avec des brossettes du style de celles qu'on utilise pour recurer les casseroles... Ca vous semble bizarre? Eh bien imaginez une piece, en l'occurence le refectoire, de 10m sur 4 au minimum, avec 6 personnes pliees en deux en train de frotter partout avec ces satanees brosses xD on en est sortis apres 2h30 completement casses! Et c'est pas fini : comme y'a du soleil, le linge etendu a la force des bras seche super vite, et les soeurs en profitent pour faire la tournee generale de lessive, d'etendage et de pliage : on n'arrete donc pas de monter et descendre les quatres etages, entre la buanderie qui est tout en bas et la terrasse d'etendage aui est tout en haut... Et sur la terrasse, entre la Reine qui vous poursuit en brandissant son baton si vous vous aventurez sur son territoire, et la responsable du linge des enfants qui veut que les pantalons soient etendus avec les pantalons, les culottes avec les culottes, et les t-shirts avec les t-shirts etc... sur des fils bien precis, alors qu'il y en a au bas mot une vingtaine, il y a matiere a deployer des tresors de diplomatie et d'observation xD

Pour aujourd'hui ce sera tout... une pensee c'est deja assez pour remplir un jour entier comme vous le voyez! ^^

7 août 2008

Ci dessous, le pretre canadien qui a celebre une messe un samedi matin pour les soeurs et nous. Notre premiere messe en anglais depuis notre arrivee a Kalimpong ! D habitude la messe est en nepali avec le cure et les paroissiens locaux. Ce pretre canadien est en Inde depuis des dizaines d annees et s occupe des seminaristes de la region. Grande gentillesse et humour anglais !
















Voici Soeur Satshita ("Verite" en sanskrit) qui nous a accueillies en l absence de Sr Marlene, la superieure alors en retraite. Elle nous chouchoute et nous l aimons enormement, sa joie de vivre et sa bonte sont communicatives !
















Voici l eglise paroissiale ou nous allons tous les matins.
















Manghal Dam, le temple hiondouiste qui n est qu a qq metres de la maison des soeurs.

















L entree de notre cher hotel...

6 août 2008

Le service chez les soeurs

Aujourd hui mercredi, nous voici deja a notre 3eme jour de service proprement dit.

Nous avons fait connaissance avec le centre des soeurs samedi, et nous avons ete tout de suite impressionnees par ce lieu tres agreable et etendu. On passe une grille et on tombe tout de suite sur l eglise, qui a elle seule vaut le detour : elle a un peu la forme d une pagode, tres coloree, sans etage et entierement decoree par un artiste local probablement un peu bouddhiste sur les bords ; en tout cas, Jesus y est toujours en pagne jaune et robe rouge (comme les moines tres nombreux ici) et prend frequemment la position du lotus, caracteristique du Bouddha ! A part quelques bancs pour les plus ages, tout le monde s assied en tailleur sur la grande natte rouge, et bien sur on se dechausse avant d entrer : )

Les soeurs nous ont accueillies tres chaleureusement, et nous avons ete surprises d apprendre qu elles attendaient reellement notre venue et commencaient a se demander pourquoi nous n arrivions pas ! Il faut dire que dans notre lettre nous avions annonce notre arrivee un peu plus tot, sans nous rendre bien compte des rebondissements du voyage : cela nous a quand meme pris presque trois jours pour faire Delhi/Kalimpong.

La soeur superieure est particulierement attentionnee et pour l instant c est elle que nous voyons le plus souvent ; c est aussi une de celles qui parlent le mieux anglais. Comme elle etait occupee, elle a demande a Teresa de nous faire les honneurs de la maison. Cette jeune Kalimpongaise (?) de 23 ans sejournait depuis une semaine chez les soeurs a cause d une mauvaise fievre, mais sinon avait toute sa tete et se preparait a devenir institutrice.

Apres une 2eme grille, nous descendons donc quelques marches et entrons dans la grande maison ou habitent les pensionnaires. Tout d abord, la nurserie : 4 petits enfants malformes vivent ici, que nous avons vite appris a connaitre : deux filles, Punaam et Smitha, deux garcons Rahwl et Sagar Kujur. Il ont environ une dizaine d annees mais ne mesurent qu un metre et des poussieres et pour certains ont un visage de bebe. Smitha est un peu tordue (mais a un magnifique visage !) et aucun ne sait se mouvoir correctement ; en particulier, ils ne savent pas avaler et c est tout un art de les nourrir a la cuillere ! Nous commencons a connaitre les trucs qui conviennent a chacun, nous jouons avec eux, chantons... et nous nous attachons deja : )

Les autres salles, reparties sur trois niveaux ( la maison est a flanc de montagne et la vue sur la terrasse est tres belle), sont toutes des dortoirs. L un d entre eux est reserve a quelques femmes malades qui sont soignees ici ou bien qui attendent d etre admises a l hopital. Ainsi demain une vieille dame rentre a la clinique optique de Kalimpong, tres reputee dans la region, pour y subir une operation importante. Souvenr les soeurs paient l hopital quand la famille ne peut pas, et aussi les pensionnaires les plus valides se relaient pour apporter chaque jour de la nourriture au malade hospitalise, car aucune alimentation n est prevue a l hopital.

Dans toutes les autres salles vivent une bonne centaine de femmes, pour la plupart legerement retardees. Ce qui frappe tout de suite et que la soeur nous a fait remarque, c est la joyeuse bonne humeur qui regne en permanence. " Ici, nous sommes entre amis", expliquait elle, "ces femmes rejetees qui n avaient plus personne trouvent ici une famille et une place, et c est l amour que nous leur manifestons qui compte le plus pour elles". Beaucoup d entre elles ne parlent pas ou pas correctement, mais cela nous importe peu puisque notre nepali est encore tres rudimentaire ! Nous apprenons leur propre language des signes, compris par tout le monde ici, meme les soeurs et les 2 jeunes filles qui s occupent de tout a leurs cotes.
Certaines femmes sont muettes mais entendent et comprennent tres bien. La soeur superieure les charge alors de petites responsabilites qui font leur joie et aident reellement a la bonne organisation. Nous avons bien ri quand Soeur Sutheeta (?), la soeur superieure, s est fait incendier par celle que nous surnommons "la reine", car elle regne veritablement sur le bout de terrasse que la soeur lui a confiee une fois pour toutes pour qu elle y organise l etendage du linge. Impossible de le faire nous memes ! C est son job et ce jour la, elle avait decide qu il ne fallait pas etendre de linge a cet endroit, c est a dire dans la partie couverte. Or il pleuvait ! La soeur parlemente, se fache... rien a faire. Finalement, la soeur s avoue vaincue devant l argument imparable de "la reine": le vent ce jour la, ne soufflait pas de ce cote de la terrasse et donc le linge n avait aucune chance de secher ! La soeur reconnut que c etait plausible, et nous dit en riant : "Quand elle est arrivee ici, cette femme etait tres malade et seule. Nous l avons soignee, nous l avons beaucoup aime, et pour finir nous lui avons confie cette petite respnsabilite. Ici, il ne faut pas s attendre a ce que l on nous remercie pour ce que nous donnons, mais notre recompense, c est de les voir revivre. Elle est contente, alors je suis contente aussi !'"

Nous commencons la journee a la messe de 6h dans leglise avec les soeurs et quelques dizaines d habitants ; ensuite, nous prenons notre petit dej (que nous avons apporte avec nous) tranquillement dans la petite salle qui nous est reservee et dont nous avons la cle ; a 7h30, le service commence : l une de nous va aider l une des jeunes filles a lever, laver, habiller et nourrir les enfants, pendant que les autres se partagent entre la lessive ( a la main of course, accroupies par terre les mains dans la lessive qui arrache !), eventuellement l aide a la toilette, ou faire les lits, couper les ongles de ces dames, et d abord venir les saluer toutes, ce qui suffit generalement a provoquer des jeux, des discussions plus ou moins chaotiques par gestes et qui finissent par force "Namaste"souriants !

A 10h15, c est la pause Tchai. Ce delicieux breuvage que nous avons appris a connaitre a Delhi et surtout dans le train nous est genereusement offert par les soeurs, dans leur propre petite maison qui est un peu a l ecart, accompagne de biscuits qui rappellent les celebres shortbread british. Elles le prennent de leur cote mais viennent souvent nous dire un petit mot.

Nous reprenons ensuite le service, generalement nous nous essayons tant bien que mal au raccommodage : nous n avons pas trop l habitude, surtout sur les vieux habits souvent en matiere brillante synthetique comme les Indiens aiment.

A 12h, c est le dejeuner : nous nous repartissons entre la nursery et le service du repas des femmes.

Enfin a 13h, nous quittons le centre pour aller dejeuner dans le centre ville, et pour cela nous enfilons quelques escaliers etroits et tortueux (et raides) avant de nous affaler devant la table du restaurant.

L apres midi est plus relax, jusqu a 18h ou nous retrouvons les soeurs pour1 h1/2 d adoration dans leur petit oratoire. Ce temps est une bonne occasion de se poser meme si la fatigue se fait aussi sentir : ) En general apres avoir dine nous ne faisons pas de vieux os !!

Voila voila vous avez tout sur le service maintenant !!

la suite dans un autre post : D

1 août 2008

Premieres nouvelles en direct de Kalimpong!

On est vraiment a-rri-vees !

Desolee de ne pas avoir donne de nouvelles mais on a fait un long voyage, digne d'une epopee grecque... On a passe deux jours et une nuit (34 heures pour etre precise) dans le train New Delhi - New Jalpaiguri. De la, apres moult negociations, nous avons pris un rickshaw jusqu'a Siliguri ou nous voulions prendre un bus pour Kalimpong; ms nous avons rate le dernier de peu (qui partait a 16h30, car comme y'a 3h de route et que la nuit tombe a 18H, ils calculent en fonction de l'heure de retour). Alors, grace a un policier secourable, on a trouve un dortoir au-dessus de la gare ou nous avons dormi, avant de prendre le premier bus de 6h35 pour Kalimpong le lendemain matin et d'y arriver vers 10h - soit dit en passant : "ouille" disent nos fesses sans autre commentaire -.

Une fois debarquees, malgré notre forme lamentable, on s'est crues au paradis de Mere Teresa :D car un chauffeur tout gentil s'est immediatement propose pour nous conduire a Deki Lodge, l'hotel qu'on avait repere ds le Lonely, pour trois fois rien. Et une fois a l'hotel, on a eu droit a une chambre trois etoiles par rapport a ce qu'on s'etait tape a New Delhi, proooopre, sans odeur et sans punaises (on a juste vu passer 2 cafards en douce ^^) ! Le proprio est incroyablement gentil, la nourriture super bonne et pas chere du tout par rapport a celle de Delhi (elle meme d'un prix derisoire par rapport a celle de france) et le temps est super cool. Y'a qq averses par jour mais rien d'enorme, les temperatures sont ideales, ni trop chaudes ni trop froides, jusqu'ici on a du soleil tous les jours et une vue incomparable sur l'Himalaya. Que du bonheur!

Comme vous le voyez, on a déjà constaté un sacré contraste entre la capitale indienne et ce village perdu au fond de l'Himalaya... Les gens sont beaucoup moins racoleurs et collants, prets à aider pour le geste plutot que pour se faire des roupies, et on a droit a beaucoup plus de respect qu'en ville. Peut-etre à cause de l'uniforme, cela dit, car les Indiens connaissent bien les scouts. Aussi sans doute parce que Kalimpong a l'habitude de voir debarquer des volontaires à cause des soeurs de la Charité. Et Kalimpong est enfin un village universitaire, qui a l'habitude de voir des etrangers - les etudiants y viennent de Chine, du Nepal, du Bhoutan, voire du Bangladesh et parfois d'Europe - et un ancien bastion des Anglais, de l'epoque coloniale. Les Occidentaux n'y sont donc pas regardes comme des bonnes poires à choper ou des intrus.

Pr l'instant, nous avons surtout recupere du voyage, car on etait toutes plus ou moins mal en point, et un peu marche ds Kalimpong. Demain on compte aller voir le bazaar (marche) local apparemment tres pittoresque (oui, faut rappeler que comme y a non seulement des indiens mais aussi beaucoup de nepalais et d'asiatiques, cha fait un bo melting pot :D) et aller nous presenter aux soeurs; puis commencer le service dimanche. Apres... "tout est grace et il n'y a pas de hasard" (private joke du Feu) on sait pas encore, l'avenir le dira!

La suite au prochain episode !